L’eau à Bali : indignation à Amed

Article rédigé par Alain, retraité vivant à Bali, contributeur et ami de Balisolo.

L'eau à Bali  indignation à Amed - Balisolo © Albagus (25)J’ai accompagné un ami journaliste français qui faisait un sujet sur les problèmes d’eau à Bali et notamment à l’est de Bali, dans la région de Karangasem. Grâce au tourisme (partage de l’eau entre résidents expatriés ou hôtels, installation de l’eau publique PDAM), le problème de l’eau est presque réglé à Amed et ses villages environnants. En revanche, dans la partie oubliée de la broken road, autour de Seraya Timur, là où les touristes ne s’arrêtent jamais, les choses sont totalement différentes.

De chaque côté de la route, de nombreuses familles vivent dans le dénuement le plus absolu, dans des conditions souvent moyenâgeuses. Ces familles n’ont pas de travail, vivent sans revenus fixes, parfois d’un peu d’artisanat. Il est impossible pour elles de se raccorder au service d’eau publique qui passe pourtant juste devant chez elles et la situation est bien pire pour ceux qui vivent isolés dans les montagnes.

L'eau à Bali  indignation à Amed - Balisolo © Albagus (2)Pour subvenir à leurs besoins quotidiens en eau, les deux familles que nous interrogeons et particulièrement les femmes et les jeunes filles doivent parcourir 4 Km aller-retour pour atteindre un lit de rivière d’eau croupie. Pour ceux qui connaissent un peu cette route, vous savez combien elle est difficile, montées et descentes se succédant.. imaginez-vous avec la charge de l’eau sur la tête en plus. Ce chemin, elles doivent le répéter 3 fois par jour, soit 12 Km par jour et plus de 6 heures de temps consacré à cette tâche pénible mais vitale. Quand les filles vont à l’école, le volume à consommer est moindre bien sûr. Une fois l’eau croupie montée chez elles, les femmes la font bouillir longuement afin de la rendre consommable, cela représente 30 à 40% de perte du volume initial.

Quelle misère à deux pas de chez nous ! Quand je pense que certains s’abreuvent d’un verre de vin à 200 000 IDR le verre, que la moyenne de consommation d’eau dans les hôtels est de 300 litres par chambre et par jour, qu’on arrose les greens de golf sans compter… tout ce contraste me fait HURLER !

Vin Golf Hotel - L'eau à Bali - Indignation

Pourtant malgré ce profond dénuement, ces habitant sont heureux. Un bonheur simple. Ils ne nous ont pas laissés repartir sans partager le thé et quelques pop-corn de leur fabrication. N’est-il pas vrai que ce sont ceux qui possèdent le moins qui donnent le plus ?

Le but de ce partage est avant tout d’informer. Ensuite, toute solution à ce problème sera la bienvenue. A nos neurones…

 

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7 Réponses

  1. Food Investigatrice dit :

    Le problème est en effet réel et mérite, au-delà de la réflexion, un plan d’action.

    Cependant, je trouve cela facile de faire la corrélation avec les touristes qui « dépensent leur pognon dans des verres de vin, des hôtels de luxe et du golf ».

    Certes le tourisme en soi n’arrange rien aux problèmes écologiques mais je pense que sans lui, la situation de certains Balinais serait encore pire que moyenageuse pour bon nombre d’entre eux.

    Bref, il ne faut pas tout mélanger à mon sens…

  2. albagus dit :

    Madame « food investigatrice »
    Relis mon article : j’y indique que le tourisme « raisonné » apporte du bien être aux balinais
    En revanche le tourisme  » de masse  » du sud de l’ile de par ses excès en tout genre ne fait qu’aggraver le crucial problème de l’eau à Bali
    Des études scientifiques Indonésiennes prouvent que dans 5 ans il y aura un très grave pb
    À cause de la surconsommation , bali n’est déjà plus autosuffisante en riz depuis 2 ans et la région de Tabanan ( grenier à riz de l’ile ) est passée de 3 récoltes par an à 2 voire 1
    L’exploitation touristique de l’ile n’est pas la seule cause du manque d’eau , les balinais depuis l’installation de l’eau publique arrosent toute la journée : les plantes et la route pour éviter la poussière….mais pour eux il n’y a pas de problème écologique puisque de toutes façons l’eau vient des Dieux…
    La surexploitation touristique est un vaste problème politique aggravé par la corruption omniprésente..
    Reste aux expatriés dont je suis à essayer de faire prendre conscience de ce problème de l’EAU aux balinais

  3. Maxime dit :

    Félicitations pour ce superbe site, et plus particulièrement pour ce reportage!

    Je visite ton site puisque ns partons avec un groupe d’amis dimanche prochain à la visite de Bali, les îles Gili et Lombok pour une durée de 3 semaines.

    Tout comme toi, j’espère tomber sous le charme de ces îles.

    Bravo pour l’ergonomie de ton site, la facilité d’évoluation de pages en pages, la qualité des photos et des articles…Bref, il est top!

    Dans un simple esprit de partage, je me permets de te laisser l’adresse d’un site de voyages d’un très bon pote, avec lequel je pars d’ailleurs à Bali. Nous avons encore qques progrès à faire pour arriver à ton stade de « professionnalisme ».

    http://www.carnetvoyages.com/

    Longue vie à ton site!

  4. monfort dit :

    Et oui, il y a le problème de l’eau. Et celui du plastik. Nous sommes à Bali pour 5 mois pour très éventuellement nous y installer. Et essayer de contribuer à lutter contre cette pollution: vous pouvez regarder sur FB Philippe MONFORT balibreizh. A chacun son truc

  5. meynier hervé dit :

    bonjour Alain,
    nous rentrons de Bali que nous venons de découvrir, grâce à Agus Yudiarta, guide francophone d’une rare intelligence et gentillesse. Sans détours, nous avons tous pu constater les dégâts dont tu parles, nous européens si à cheval sur les règlements anti pollution, les économies d’eau et d’énergie, etc …
    Au delà de la carte postale nous avons nous aussi découvert la saleté, le manque d’hygiène, le manque évident de tout, et d’eau surtout, dans certaines partie de l’île, avec en plus le problème des animaux domestiques, galeux et enragés à moitié morts de faim, sans parler des chevaux exploités à fond sur les îles Gili …
    Sur place je n’ai pas voulu prendre de photos ou trop parler de cela avec les balinais ou avec Agus, un peu comme si je me sentais aussi redevable de cette pollution, y participant malgré moi en tant que touriste.
    Avec un peu de recul et écoutant ce que tous m’ont avoué sur place, manque d’éducation, de moyens, corruption, désintérêt du pouvoir central pour Bali (sauf pour les bénéfices du tourisme), j’ai tourné 100 fois le problème dans ma tête, tout autant qu’en revenant de Marakech où le problème est le même, de Hong Kong, et d’autres endroits du monde où le décalage pauvres/riches, développés/sous développés est aussi perturbant.
    Ne pas en parler pour éviter de dissuader les touristes d’aller à Bali et priver par là même l’île de ressources bienvenues, accuser et pointer du doigt … qui ? Les habitants qui sont en mode survie ? Les pouvoirs publics qui en sont encore aux décharges en plein air avec contamination des sols et des nappes phréatiques ? Des professionnels du tourisme qui ratissent large et donnent du boulot à une population peu formée et sans ressource ???
    Et pourtant je suis comme toi Alain, ce que j’ai vu à Bali m’a fait mal, pour les Balinais déjà et pour la planète ensuite car Bali est un exemple parmi tant d’autres. La Cop 21 ne sauvera pas les paysages idylliques de cette île que nous aimons tant, donc c’est à nous d’oeuvrer pour que ça change. Nous devons trouver les moyens d’agir, même si c’est de la bricole au départ, mais il faut alerter le plus possible autour de nous afin de mobiliser les bonnes volontés et s’attaquer vraiment au problème avant qu’il ne soit trop tard. Une bonne ONG modeste vaut mieux qu’un état ripoux !
    Je pense que la communauté française de Bali, peut-être même la communauté des européens de Bali devrait se serrer les coudes et se mettre au boulot : informer les populations des dangers de la pollution, en leur offrant les moyens, mêmes modestes et archaïques de gérer les déchets (eh oui il va falloir inventer les outils mais cela est possible), créer du lien entre les communautés en y intégrant les responsables locaux, les influents religieux et pourquoi pas les élus en leur vantant les mérites d’une bonne conscience écologique … Internet et facebook peuvent devenir des outils super efficaces dans ce genre de quête, il suffit de voir les jeunes gens dans les rizières avec leur i phones pour comprendre que tout est possible.
    Je sais que la tâche est immense mais réfléchissons à ce que nous pouvons faire pour Bali, agitons un peu les locaux, secouons les cocotiers, diffusons le plus possible, il en sortira toujours quelque chose. Je suis prêt à apporter ma modeste contribution, même à distance, comme je l’ai fait depuis Ubud à propos de BAWA en postant un commentaire sur facebook ou tout simplement en faisant prendre conscience aux gens du pays des limites de la religion sur la réalité des déchets …
    Voilà, au boulot, si nous y croyons, nous réussirons !

  6. François dit :

    Cher Alain,
    Auriez-vous la possibilité de me contacter.
    Je vous remercie
    François

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